Chine : controverse autour d’une publicité à caractère raciste

Une publicité de détergent à caractère raciste a été le prétexte pour remettre au goût du jour la question du racisme dont sont victimes les Africains vivant en Chine.

Tout part d’un spot publicitaire mettant en scène un jeune ouvrier africain et une jeune chinoise. La Chinoise dont l’Africain veut être le petit ami, pousse ce dernier dans une machine à laver, en ayant pris, avant, le soin de plonger dans sa bouche une capsule du produit détergent dénommé Qiaobi. Quelques temps après ce “lavage”, c’est plutôt un Chinois qui ressort de la machine. Cette mise en scène ahurissante a créé un véritable tollé sur la toile, suite à sa diffusion la semaine dernière, les internautes la qualifiant de raciste. La vidéo a été vue 1,7 millions de fois sur YouTube et 3 millions de fois sur Facebook.

En Chine et même au-delà, les communautés africaine et occidentale s’insurgent contre ce scénario dégradant et étale le racisme dont font les frais, de plus en plus, les Africains. “Qui sont-ils ? Que font-ils ? Ils prennent nos femmes. Ils sont peu éduqués. Ils sont sales et violents…”, voilà le genre de choses que l’on entend lorsque l’on est Africain en Chine”, a déclaré au site lemonde.fr, la journaliste britannique d’origine afro-caribéenne Nicole Bonnah, qui vit à Pékin.

“C’est vraiment grave. C’est bien plus que du racisme, affirme de son côté Jilles Djon, directeur de la Chambre de commerce africaine à Shanghai. Nous voyons que beaucoup d’Africains sont rejetés, ostracisés. Ils ont de plus en plus de mal à trouver des stages ou à décrocher un emploi en Chine. Le problème c’est le rapport qu’entretient aujourd’hui la Chine avec l’Afrique. Elle se comporte de plus en plus comme un pays dominateur”, se désole-t-il dans les colonnes du site. Ce dernier invite par ailleurs les Africains à ne “pas participer à ce genre de films !”, évoquant le cas “à Canton d’un étudiant africain qui s’est retrouvé menacé par toute la communauté pour s’être prêté à une publicité comme celle de Qiaobi”. Le jeune homme n’avait reçu que 40 euros et ne savait rien du scénario.

Le problème c’est le rapport qu’entretient aujourd’hui la Chine avec l’Afrique. Elle se comporte de plus en plus comme un pays dominateur.

Un cas similaire à celui de l’acteur de la pub incriminée . L’acteur serait un jeune Nigérian auquel on aurait proposé une centaine d’euros pour apparaître dans l‘élément. Lui aussi n’aurait pas été informé du scénario de la pub. Sur le net, il a été acculé par la communauté africaine. Finalement, il a dû quitter la Chine.


 

Les excuses de Beijing

Ce lundi, lors d’une conférence de presse, la porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Hua Chunying, a rappelé les relations cordiales qu’entretient son pays avec l’Afrique et son respect pour la différence de race. “Tout le monde peut voir que nous tenons à l‘égalité, au respect mutuel avec tous les pays, quelle que soit leur origine ethnique ou la race. En fait, nous sommes de bons frères avec les pays africains”, a-t-elle signifié, demandant de ne pas extrapoler les “cas isolés”.

Pour sa part, la société détentrice de la marque Qiaobi a publié un communiqué pour s’excuser du scandale. “Pour le tort causé aux Africains en raison de la propagation de cette publicité et de l’écho qu’elle a trouvé dans les médias, nous présentons nos excuses”, a-t-elle déclaré sur le réseau social Weibo, en majorité visité par les Chinois. Quelques jours plus tôt, la société se plaignait de la trop grande “susceptibilité” qu’accorde les médias aux questions raciales.

En chine, les étrangers sont souvent victimes de certains stéréotypes. C’est le cas, par exemple de leur appellation. Les Blancs sont appelés “Lao wai”, c’est-à-dire “étranger” et les Noirs “Lao hei” qui signifie à la fois “noir” et “sale”. Dans d’autres parties du pays, ils sont carrément nommés “Hei gui” qui veut dire “monstre noir” en mandarin.

 

 

 

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